samedi 2 juin 2012

"C'est beau non ?"

J'aurai aimé garder cette tâche bleue sur le doigt, mais déjà, elle commence à s'estomper et n'est plus remarquable que par moi-même. 
Ne me restera-t-il comme souvenirs palpables que les kilos de feuilles de papier que j'ai accumulé sur mon bureau et dans mes placards ? Il me semble que déjà je n'y suis plus, que déjà j'ai mis fin à une période de ma vie. Il est si étrange de se retourner et de voir un chemin jonché de tant de roses quand en face tout est noir et que l'obscurité demeure. Je reste persuader que le chemin que j'empreinte tous les jours va me manquer, que les réflexions des profs, leur gentillesse touchante pour certains va laisser un gouffre dans mon abdomen. Peut-être même que l'attitude désinvolte d'autres va creuser une absence. Mais pourquoi vouloir revenir en arrière, pourquoi ne pas avoir la sagesse d'avancer droit devant tout en sachant que tout ceci, on l'a vécu, cela fait parti de nous. Moi, ce qui me manquera le plus c'est cette routine qu'à tout moment un élève, un prof, un évènement pouvait briser. Parfois, il ne se passait rien, mais alors on apprenait. J'espère sincèrement retrouver un lycée l'année prochaine, même si ce ne sera plus du tout le même. Mon vrai lycée, je vais sans doute le quitter et plus jamais je n'occuperai la même fonction, celle d'une lycéenne banale parmi mille autres lycéens banales. Oh que cette semaine va être courte! Et même avant qu'elle ne finisse, nous aurons la réponse à nos interrogations futures. Mais je crois que rien y fait, on restera lycéens d'Albert Thomas toute notre vie.  

dimanche 27 mai 2012

Nathanaël, je t'enseignerai ...

Puisse l'eau toujours couler entre les racines des saules pleureurs. Il me semble que depuis toujours j'écoute cette écoulement lent et putréfié de la Marne quasiment croupie qui voyage entre les maisons bleues, insulaires. Mes yeux tranquilles posent un à un leur iris sur la surface monotone des canaux. Ce petit pont de bois, l'ais-je déjà vu dans un tableau de Monet ? Où bien était-ce alors décrit dans un livre de Proust ? Les canards bleus sans têtes avancent entre les barques grossièrement amarrées. L'automne, elles se noient dans les crues de la rivière. Si je lève les yeux, je ne verrais pas le ciel mais les branches des lauriers rose qui frémissent. Et si, à quelques kilomètres, des immeubles de vingts étages surplombent le macadam, ici la bourgeoisie semble se ravir elle-même et faire corps avec la nature.   

jeudi 17 mai 2012

Pour une analyse sociologique plus poussée, prière de s'adresser aux principaux intéressés


Au cas ou vous ne l'auriez pas remarquer, l'hypocrisie et la maladie nous guette, faites attention. Je ne vous souhaite ni à vous cher lecteur ni à moi chère expéditrice, de sombrer si fort dans les vices humains les plus impardonnables. J'entends par là la capacité à infliger à autrui la plus horrible des souffrances. Et qui la possède ? Environ la moitié d'entre nous. Et, à mon grand damne, surtout les jeunes hommes qui m'attirent comme des aimants. Mais il est grand temps de peindre un réquisitoire sanglant contre ces bêtes fourbues qui ne feront jamais que briser des coeurs. Artiste se nomment-ils. Dilettante dans l'art de vous mener par le bout du nez. Mais surtout, ils excellent dans les discours schizophréniques. Il suffit qu'une valeur transcendante les parcoure pour qu'ils y renoncent le lendemain. "Si j'avais un marteau, je frapperai" leur morbide vie pour la briser en mille morceaux. Mais je ne suis pas très bricoleuse, moi je suis fille des livres. J'écrirais bien une tragédie (belge) à propos de ces individus dichotomisés à la puberté. Mais malheureusement, il ne reste dans les quelques atomes qui façonnent mon esprit, que le souvenir sanguinaire d'une corde qui oscille dans une chambre d'hôtel à Bruges. Alors, si je peux me permettre d'octroyer un conseil: fuyez devant l'égoïsme de ces personnes fourbes qui ne trouvent rien de mieux à faire que de critiquer une méthode de vie et de l'appliquer dans la seconde qui suit. Je vous rassure, on n'en ressort toujours vivant mais on pond des articles pour le moins douteux...  

samedi 12 mai 2012

Remercions Napoléon pour ce mythique mais néanmoins coûteux moment de vie


Moi qui aimais plutôt bien tout planifier sur le plan scolaire, c'est raté. Trop de "si " en ce moment dans mes constructions de phrases. "Et si j'ai le bac...", "Et si je suis prise en prépa...". Ce contrôle incontrôlable se met à me taper sur le système. N'oublions pas que la vie ne cesse de continuer et que des évènements indépendants de ma volonté viennent se heurter à ma concentration. Personne ne sait où il sera dans trois mois, dans quelle ville, entres quelles mains. Je ne cache pas que tout cela a un côté plutôt excitant voir même carrément jubilatoire. Mais bon, on se retrouve tout de même ballotter entre plusieurs courants: celui du goût déjà nostalgique de nos cours au lycée et celui de l'impatience d'enfin étudier nos matières de prédilection. Ahaha... on se voit déjà tous médecins, agrégés de philosophie et infirmiers. Le mieux dans tout cela, c'est qu'une motivation anime tout un chacun. Puisse le Dieu des examens et des concours nous entendre !  

Il y a des jours, comme ça, où vous vous endormez misogyne et où vous vous réveillez féministe


Si moi aussi j'avais "le cerveau d'un homme" ? Jusqu'à présent, je le croyais un peu. Mais il ne m'a pas fallu très longtemps pour me rendre compte que j'étais une femme, une femme consciente.
J'avais toujours considérée ce sexe comme inférieur à cause des hommes géniaux que j'avais rencontré et aux rencontres féminines intéressantes largement déficitaires. Mais je fus bien obligée d'admettre que je n'avais absolument rien entre les jambes, le néant. Et comme sous mes airs de fausse modeste j'ai une once d'estime pour ce que je suis, force m'est de constater que les femmes n'ont pas quelque chose en moins, mais bien quelque chose en plus.
En considérant que notre intelligence est égale à celle des hommes, nous avons en plus cet atout (dont on peut très largement souffrir !) qui consiste à s'impliquer corps et âmes dans les relations. Attention, cela est un pouvoir dont toutes n'usent pas. Mais je trouve cela tellement désespérant- au point parfois d'être complètement résignée- que les hommes se fichent royalement de la plupart des sentiments, quand la passion est éteinte. L'homme peut se rendre compte de ce qu'est une femme lorsqu'il tombe amoureux. Et tandis que chez lui, la flamme la plus vivace s’éteint au bout d'un temps indéterminé, celle qui brûle chez la femme carbure à un autre degré.
Mmm... L'homme, cet animal bien mystérieux peut-il nous rendre heureuse indéfiniment ?  Seul lui le sait. Mais là encore des forces sociologiques et biologiques entrent en jeu, et l'on tombe dans une théorie à la Karl Marx. N'est-ce pas une lutte de classes que se livre les deux sexes depuis la nuit des temps ? 

Lire: Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe

lundi 7 mai 2012

Un peu de mon sang à la Bastille


La page présidentielle est enfin bouclée. Résultat: un septième président pour la Vème République. L'annonce de ce remaniement m'a fait bizarre parce que je n'ai encore jamais vu un socialiste au pouvoir. En 1995, j'avais 6 mois. Hier soir, j'ai bu un verre d’absinthe rouge pour fêter une défaite. Celle de notre Sarko international. J'étais tellement soulagée, comblée de savoir qu'on ne verra plus sa tête arrogante à la télévision. Cependant, je comprends une partie de ceux qui ont voté pour lui. Une partie seulement, une minorité. Je comprends ceux qui "pensent" à droite comme moi je "pense" à gauche, ceux qui vote à droite par tradition, par conviction sous la bannière d'un idéal. Ceux-là se sont dit: "Sarkozy est de droite. Je vote pour la droite."
En revanche j'ai un mal extrême à comprendre ce nombre trop énorme de jeunes et de plus âgés qui militent pour ce personnage exécrable. Qui encourage ces discours-excusez-moi du terme-de petite envergure où chaque mot,-quand les phrases ont un sens grammaticale!-, transpire d'une hypocrisie généralisée. Lâcheté. Voilà le mot qui me vient à l'esprit quand on me parle de l'ancien président de la République. Mais j'ai l'intime conviction que l'on en parlera plus. Du moins, mon espérance me brouille la possibilité d'un retour de Mister Rolex.
Alors, nous voici à l'aube d'une autre gouvernance. Déjà la lueur crépusculaire de notre ancien diktat s’estompe. Pour ma part, je n'attends rien de spécifique de ce changement de dirigeant. Rien de très personnel en tout cas. Je ne fais pas parti de la classe la plus défavorisée, mes conditions de vie n'étaient pas mauvaises sous Sarkozy et ne le seront pas plus sous Hollande. Moi j'espère que ceux qui souffrent le plus pourront sortir un peu le bec de l'eau et que chacun ne perde pas les avantages durement gagnés, autant que possible. Les Français ont voté sociale, je crois que c'est tout ce que l'on peut leur rendre. Ils ont aussi voté socialiste donc le changement, s'il est maintenant, ne sera pas la grande fracture réformatrice que nous autre franc-gauchiste espérions. Mais enfin, je pense que l'on peut applaudir les millions de gens qui ont eu le courage de tourner la page, et Dieu sait qu'elle est lourde. On ne sait pas trop quelle gueule à la nouvelle. 
Moi, je continue de soutenir ce mouvement qui me fait tant rappeler un temps historique que j'aurai aimé connaître. C'est le Front Populaire, sauf que j'y suis et que je compte y participer! "Et où on était passés? Où on était disparus tout ce temps? On se manquait, on s'espérait...On s'est retrouvés! " Ce sont ces idées là qui me transcendent, et j'en suis plutôt fière.
Pour les législatives, j'imagine qu'il faudra jouer stratégique dans certaines zones. "Voter utile", malheureusement ...



vendredi 4 mai 2012

This is the end, the end ... Normalement!

Albert Thomas, Eh oui sans lui il n'y aurait jamais eu de lycée ! (pff)
Paraît-il qu'on y rentrera tous dans ce foutu système. Paraît-il qu'on est des winners et qu'on y arrivera à emprunter l'ascenseur sociale. Ça y est, la première étape va bientôt arriver. On va se la manger en pleine face celle-là. Dans un mois et des poussières (enfin dans trois semaines si on compte les épreuves de grec facultatives) je passe mon BACCALAURÉAT SCIENTIFIQUE. "Caca beurk." Oui, depuis mes premiers mots j'entends parler de cet examen, de cette clef de voûte. Je ne vous cache pas que je flippe ma race. En même temps, je me suis carrément auto-flinguée en prenant des maths en coeff 7. M'enfin, mes lacunes (que ce mot est un euphémisme!) en matières SCIENTIFIQUES ne sont point le sujet de ce post.
Non, ici je viens déblatérer sur l'après bac (avant de l'avoir, un mot: optimisme!), sur ce que ça risquerait d'engendrer sur MA vie. (Yahoo!)
Bon, pour la rentrée prochaine, dans le plus fou des rêves, j'ai choisi une Hypokhâgne appelée aussi Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles Littéraires ou encore Prépa A/L ou bien encore Prépa Lettres Sup'. Bref trop de noms pour une bonne vieille filière qui a fait ses preuves.
Plus modestement une Licence Lettres modernes est envisagée. J'avoue que la première option me botte bien largement plus mais advienne que pourra, comme on dit. 
Cela sonne l'heure du glas pour nos années de lycéens (je pars du principe que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes c'est-à-dire que tout le monde empoche son ch'tit diplôme), de nos attentes interminables à la cantine et de nos moments de joie, de doute, (de souffrance oui !) dans les salles de cours qui sentent si bon le renfermé. (Ça ferra sans doute l'objet d'une autre tirade, d'ailleurs.) Ah... Soyez-en sûr, je verserais ma larme en quittant mes profs, mes camarades et surtout les bâtiments qui renferment maintenant pour moi bien plus que de lointains souvenirs. 
Et voici venir l'heure des remises en questions. Certains m'ont bien détruit pendant mon court début de vie (il se veut que tout cela se soit passé pendant le lycée), et vous savez quoi, je ne leur en veux plus, je ne m'en veux plus. Ce sont des enfants à tout jamais, comment pourrais-je leur en vouloir? Ils sont bien plus perdus que moi, n'ont pas su grandir à temps et s'adonnent à des jeux d'ados éternels. Évoluer en restant à fleur de peau, voilà sans doute le plus juste des équilibres à atteindre 
L'heure de l'âge adulte commence aussi à poindre à l'horizon, l'heure des décisions, des choix... "Je fais l’expérience de ma liberté en choisissant des options dont je ne mesure absolument pas les conséquences."(cf cours de philo, ils vont aussi beaucoup me manquer). Mais vous savez quoi, même pas peur !