J'aurai aimé garder cette tâche bleue sur le doigt, mais déjà, elle commence à s'estomper et n'est plus remarquable que par moi-même.
Ne me restera-t-il comme souvenirs palpables que les kilos de feuilles de papier que j'ai accumulé sur mon bureau et dans mes placards ? Il me semble que déjà je n'y suis plus, que déjà j'ai mis fin à une période de ma vie. Il est si étrange de se retourner et de voir un chemin jonché de tant de roses quand en face tout est noir et que l'obscurité demeure. Je reste persuader que le chemin que j'empreinte tous les jours va me manquer, que les réflexions des profs, leur gentillesse touchante pour certains va laisser un gouffre dans mon abdomen. Peut-être même que l'attitude désinvolte d'autres va creuser une absence. Mais pourquoi vouloir revenir en arrière, pourquoi ne pas avoir la sagesse d'avancer droit devant tout en sachant que tout ceci, on l'a vécu, cela fait parti de nous. Moi, ce qui me manquera le plus c'est cette routine qu'à tout moment un élève, un prof, un évènement pouvait briser. Parfois, il ne se passait rien, mais alors on apprenait. J'espère sincèrement retrouver un lycée l'année prochaine, même si ce ne sera plus du tout le même. Mon vrai lycée, je vais sans doute le quitter et plus jamais je n'occuperai la même fonction, celle d'une lycéenne banale parmi mille autres lycéens banales. Oh que cette semaine va être courte! Et même avant qu'elle ne finisse, nous aurons la réponse à nos interrogations futures. Mais je crois que rien y fait, on restera lycéens d'Albert Thomas toute notre vie.




